La goutte

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La goutte est une affection rhumatologique qui se manifeste à la suite d’une concentration élevée d’acide urique dans le sang.

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La goutte est une maladie qui survient majoritairement à l’âge adulte entre 40 et 65 ans. Elle surgit au niveau des articulations des membres supérieurs, celles des doigts, du genou et de la base du gros orteil. C’est une affection chronique des articulations entraînant des algies, qui affecte plus les hommes que les femmes.

Les causes de la goutte

Elle est due à un taux d’acide urique dans le sang trop élevé (hyperuricémie), qui forme des cristaux dans l’articulation et les tissus mous à partir d’une certaine concentration (60mg/l (360 μmol/l), à l’origine d’une réaction inflammatoire dans l’articulation et dans les tissus entourant l’articulation : c’est la crise de goutte. Le taux d’acide urique dans le sang résulte de la différence entre sa production et son élimination. La production de l’acide urique provient, majoritairement, du fonctionnement des cellules de l’organisme et, en quantité moindre, de l’alimentation. L’élimination de l’acide urique est assurée principalement par les reins et les intestins.

L’excès d’acide urique est dû le plus souvent :

1) à un défaut de son élimination par les reins dans le cadre d’une maladie familiale et héréditaire (exemple : le
syndrome de Lesh Nyhan),
2) dans le cadre d’une maladie des reins à l’origine d’une insuffisance rénale.
3) à un excès de production primitive des purines ou dans le cadre des hémopathies malignes ou encore dû à un psoriasis ou une sarcoïdose.
4) à l’excès d’acide urique peut être favorisé par l’alimentation. Les trois principaux aliments qui augmentent sa
production sont : La bière (même sans alcool), les alcools forts, et les sodas sucrés riches en fructose.
5) Certains médicaments diminuent aussi l’élimination de l’acide urique par les reins (notamment les diurétiques, l’aspirine à petite dose, les antituberculeux, les cytolytiques et la ciclosporine).

Les facteurs de risque de la goutte

Les facteurs de risque d’une goutte sont l’excès de la consommation d’aliments protéiques, la malbouffe, le syndrome diabétique, les fluctuations endocrines notamment chez les femmes ménopausées.

Les personnes à risque de la maladie de la goutte

La goutte affecte des personnes qui présentent des antécédents génétiques, des individus ayant un régime riche en protéines, les sujets souffrant d’une hypertension artérielle et les personnes obèses. La goutte touche généralement les hommes plus que les femmes. Cette maladie articulaire inflammatoire atteint également les femmes ménopausées.

La prévention de la maladie de la goutte

Les mesures de prévention de la goutte renferment un régime alimentaire sain sans excès avec la consommation de
moins de purines qui se convertissent en acide urique, une équilibration de l’index glycémique dans le cas d’un diabète, l’évitement de l’hypertension artérielle, avoir une bonne hydratation et éviter les boissons excitants et les sodas.

Sarra Esseghir Bouden

Dr Sarra Esseghir Bouden, Rhumatologue

1) Quelle est la prévalence de la goutte ?

La prévalence et l’incidence de la goutte ont augmenté ces dernières décennies. En effet, l’incidence de cette maladie est d’environ 0.3 pour mille et sa prévalence avoisine les 0.2% mais celle ci peut atteindre 0.5 à 1% chez les hommes entre 35 et 45 ans.

2) Comment déceler les signes de la goutte?

L’accès typique de crise de goutte se caractérise par un début brutal souvent nocturne d’une arthrite touchant le gros orteil (la métatarsophalangienne du gros orteil); les phénomènes inflammatoires locaux sont intenses: la peau devient rouge violacée, luisante en pelure d’oignon, l’orteil est augmenté de volume, sa mobilisation est très douloureuse ainsi que sa palpation. Ces signes locaux s’accompagnent souvent de signes généraux (prodromes survenant un à trois jours avant la crise) à type de céphalées, d’irritabilité, d’asthénie et parfois une fièvre et des frissons accompagnent la crise.
L’évolution spontanée se fait en 5 à 10 jours vers la régression des symptômes.
La goutte chronique s’exprime quant à elle par des douleurs articulaires, des tuméfactions et un enraidissement progressif des articulations atteintes.
Les tophi sont des tuméfactions sous cutanées dure ou molle blanchâtres indolores mais pouvant être le siège
d’une inflammation ou se fistuliser laissant soudre un liquide crayeux qui correspond à des dépôts d’urate de sodium dans le tissu conjonctif.

3) Comment se fait le diagnostic de cette maladie?

Le diagnostic de goutte repose sur un ensemble d’éléments cliniques et biologiques regroupant:
– l’atteinte articulaire typique de crise de goutte aigue
– l’existence de tophi
– l’hyperuricémie (une augmentation du taux sanguin d’acide urique au delà de 360 micromoles/l chez les femmes et 420 micromoles/l chez l’homme)
– la mise en évidence de la présence de microcristaux d’urate de sodium dans le liquide synovial à l’examen anatomopathologique.

4) Comment évolue la maladie?

La goutte primitive (excès d’apport alimentaire contenant de l’acide urique), est d’évolution lente, et se caractérise par des accès de goutte à la suite de repas trop copieux, une fatigue importante, un stress, ou un traumatisme local. Au fur et à mesure de l’avancement de la maladie, les épisodes deviennent de plus en plus fréquents, et les intervalles de rémission (absence de douleur), de plus en plus courts. Progressivement d’autres articulations peuvent être atteintes et s’installe alors une arthropathie goutteuse chronique. Les tophi apparaissent au niveau du pavillon de l’oreille, des coudes, aux avant-pieds, aux mains et même au niveau des tendons. Les manifestations rénales qui font la gravité de la goutte se manifestent par des crises de coliques néphrétiques dues à des calculs rénaux de cristaux d’urate de sodium, ou par une néphropathie interstitielle chronique évoluant progressivement vers l’insuffisance rénale (atteinte de la fonction rénale).

5) Quelles sont les différentes modalités de prise en charge d’un patient atteint de la goutte ?

La prise en charge des patients atteints de goutte a pour objectif de guérir le plus rapidement possible l’accès aigu de goutte, de prévenir la survenue d’éventuelles récidives et d’empêcher l’évolution vers la goutte chronique. Le traitement de l’accès aigu repose sur la mise au repos de l’articulation, l’application locale de glace, l’évacuation de l’épanchement articulaire chaque fois que c’est possible, les médicaments anti inflammatoires dont la colchicine est le chef de file, l’injection intra articulaire de corticoïdes peut être nécessaire parfois. Par ailleurs, le traitement de fond de la maladie inclut le traitement médical dans le but de baisser l’hyperuricémie (l’Allopurinol étant la molécule la plus utilisée) et les mesures d’hygiène de vie afin de limiter les facteurs de risque de l’hyperuricémie.