Hypercholestérolémie, une maladie silencieuse à prendre au sérieux !

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Hypercholestérolémie

Ce qu’on entend généralement lorsqu’on dit « j’ai du cholestérol » est en fait l’hypercholestérolémie, une pathologie qui survient avec l’âge oui, mais qui, de nos jours se généralise de plus en plus et peut avoir de graves répercussions tant sur la santé que sur la qualité de vie.

par Myriam Bennour Azooz

Pourtant, nous sommes plusieurs à ne pas prendre l’hypercholestérolémie au sérieux.

Qu’est-ce que le cholestérol ?

Avant de parler de la pathologie, il convient de définir ce qu’est le cholestérol. Le cholestérol, on en a tous. C’est une substance produite naturellement par le corps et qui ressemble à du gras. Sa présence dans notre organisme a un rôle dans le bon fonctionnement de celui-ci. En effet, il sert à produire certaines hormones (comme le cortisol et les hormones sexuelles entre autres) et compte parmi les composantes structurelles des membranes cellulaires (c’est-à-dire qu’il est essentiel dans le maintien et la stabilité de la membrane de la cellule). Le cholestérol est aussi nécessaire dans la transmission de l ‘influx nerveux en contribuant à la synthèse des neurotransmetteurs. De fait, le cholestérol joue plusieurs rôles majeurs dans le bon fonctionnement de notre corps, et ce à plusieurs niveaux.
Le cholestérol est aussi présent dans plusieurs aliments que nous mangeons. Ainsi le taux de cholestérol présent dans le sang varie beaucoup en fonction de notre alimentation, de notre rythme de vie (s’il on pratique une activité physique ou si l’on est plutôt sédentaires), mais aussi de la génétique, de l’âge et du sexe.

Quand cela devient pathologique : l’hypercholestérolémie

Le cholestérol circule dans notre sang. Ainsi, on peut doser le taux de cholestérol présent dans ce dernier. C’est ce qu’on appelle la cholestérolémie. Comme pour toute chose, il y a un taux moyen qui permet le bon fonctionnement du corps sans nuire à celui-ci. S’il le dépasse, on parle alors d’hypercholestérolémie, et il convient alors de consulter un médecin pour une prise en charge. Le taux optimal de cholestérol dans le sang est déterminé par un spécialiste car il varie d’une personne à une autre et dépend de plusieurs facteurs dont l’âge, les prédispositions familiales, l’hygiène de vie (tabagisme, maladie de long court…). Mais l’on considère généralement que le taux est anormalement élevé s’il dépasse 2.5g/l.

HDL et LDL : les transporteurs du cholestérol

Le dosage que l’on fait par analyse sanguine identifie le cholestérol total, mais aussi le HDL et le LDL, ce que l’on nomme dans le langage commun le bon et le mauvais cholestérol. Or, le cholestérol présent dans le sang est une molécule unique. Le HDL et le LDL sont en fait des lipoprotéines qui ont pour tâche de transporter le cholestérol dans le sang. Le HDL (high density lipoprotein) libère les artères du cholestérol et le transporte vers le foie pour qu’il soit décomposé et éliminé. C’est pour cette raison qu’un taux trop bas de HDL est souvent associé à un plus grand risque d’une atteinte des artères et donc du coeur. Pour ce qui est du LDL (low density lipoprotein), c’est aussi un type de transporteur chargé pour sa part, de mener le cholestérol (de même que les triglycérides) des lieux de secrétions (foie et intestin principalement pour le cholestérol) vers les différentes cellules de l’organisme.

Le bon et le mauvais cholestérol

Ce que l’on nomme communément bon et mauvais cholestérol, ce sont en fait les transporteurs de ce dernier. Le HDL est dit « le bon » parce qu’il sert à éliminer l’excès de cholestérol et lorsque celui-ci a oxydé. A contrario, le LDL est taxé, lui, de « mauvais » parce qu’il le dirige vers les différentes cellules. Or, notre corps a besoin de cette substance pour bien fonctionner. L’histoire est donc bien plus complexe que cela.
Il y a tout un processus qui se met en place, mais en gros, les LDL sont des cellules qui portent à leur surface des récepteurs, si la quantité de molécules de cholestérol qui s’accroche à ces récepteurs est trop élevée (plus que le besoin de l’organisme), le corps s’encrasse, littéralement. Et un taux important de LDL dans la circulation sanguine entraine le dépôt du cholestérol sur la paroi interne des artères. Le processus est appelé athérosclérose, et les plaques sont dites plaques d’athéromes. De fait, la surface des artères s’en trouve réduite, rendant la circulation du sang plus difficile. C’est la porte ouverte vers la pathologie si ce n’est pas pris en charge assez vite.

Pourquoi l’hypercholestérolémie survient ?

Il y a plusieurs causes à l’apparition d’une hypercholestérolémie. La première, appelée aussi hypercholestérolémie primaire, est directement liée à une mauvaise hygiène de vie. Le tabagisme, une alimentation riche en sucre et en gras, la sédentarité sont autant de facteurs de risque qui agissent négativement sur le taux de cholestérol. Mais il faut savoir aussi que le taux de LDL augmente naturellement avec l’âge, donc, plus on vieillit, plus on devient d’office sensible à cette pathologie. C’est pour cela que c’est d’autant plus important de respecter les critères d’une vie saine lorsqu’on prend de l’âge : bonne alimentation et exercices physiques (de la marche par exemple). Sinon, comme bien souvent, la nature est inégale, il existe l’hypercholestérolémie dite familiale (ou génétique). Autrement dit, si plusieurs membres de votre famille ont de l’hypercholestérolémie, vous avez des risques de l’avoir à votre tour. Enfin, il y a l’hypercholestérolémie secondaire qui survient du fait d’une autre maladie ou suite à un effet secondaire d’une prise médicamenteuse.

Une maladie silencieuse, jusqu’à un certain point !

Généralement, on ne se rend pas compte que l’on souffre d’une hypercholestérolémie. Seule une analyse du taux de cholestérol (avec HDL et LDL) est en mesure de mettre à jour cette pathologie. C’est pour cela d’ailleurs, que peu sont ceux qui prêtent attention à cette pathologie. Dans ces cas-là, quand les symptômes apparaissent, c’est que l’hypercholestérolémie est déjà bien installée. On voit alors apparaitre des plaques d’athérome, sortes de dépôts qui, de fait, réduisent la taille des artères. A ce stade, c’est la porte ouverte aux attaques cérébrales (AVC) et aux infarctus. Une prise en charge urgente est alors nécessaire. C’est pour cela qu’il faut se fier aux analyses sanguines, et ce, même si l’on ne ressent rien, car l’excès de cholestérol peut déjà être en train d’encrasser les artères.

Hypercholestérolémie : halte là !

Les chiffres sont clairs : près de 15% du « mauvais cholestérol » peut être traiter par un changement des habitudes alimentaires. La première étape à faire pour se prémunir de cette pathologie est donc de respecter les règles d’une bonne alimentation et d’une hygiène de vie saine, à fortiori si l’on présente déjà une prédisposition.
En résumé, il suffit d’éliminer ou de réduire l’apport en graisses de son alimentation, on parle des fritures, des sauces, du beurre, des fromages, des viandes grasses, etc. Par contre, les matières grasses végétales tel que l’huile d’olive sont conseillées.
Si ces mesures ne suffisent pas à contrer un taux élevé de cholestérol, un traitement médical peut être envisagé en plus de ces dernières. En effet, une bonne alimentation et de l’exercices restent nécessaires dans tous les cas pour lutter contre l’hypercholestérolémie.
Une alimentation saine doit contenir :
-5 fruits et légumes par jour.
-2 poissons par semaine
-une cuillerée de matière grasse par jour (huile ou beurre)
-2 portions de féculents par jour.