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Parkinson une maladie silencieuse

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Parkinson une maladie silencieuse

Avec l’âge, la prévalence de certaines maladies peut augmenter, mais dans certains cas, on peut être touché par une maladie indépendante de l’âge et qui se cache sous les signes de la vieillesse. C’est le cas de la maladie de Parkinson. En effet cette maladie concerne la population de plus de 45 ans, c’est-à-dire, bien avant la phase dite senior. Mais quand elle apparaît vers 60 ans, ses symptômes risquent d’être confondus avec ceux de l’âge.

par Myriam Bennour Azooz

La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative qui résulte de la mort lente et progressive de neurones du cerveau. Comme la zone du cerveau atteinte par la maladie joue un rôle important dans le contrôle de nos mouvements, les personnes atteintes font peu à peu des gestes rigides, saccadés et incontrôlables. Par exemple, porter une tasse à ses lèvres avec précision et souplesse devient difficile.

Comment fonctionne-t-elle ?

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative chronique, lentement évolutive et d’origine, le plus souvent inconnue. Elle touche une structure de quelques millimètres située à la base du cerveau et qui est composée de neurones dopaminergiques qui disparaissent progressivement. Leur fonction est de fabriquer et de libérer la dopamine, un neurotransmetteur indispensable au processus de contrôle des mouvements du corps, en particulier les mouvements automatiques.

Qui est concerné ?

Les troubles liés à cette maladie apparaissent le plus souvent entre 50 et 70 ans, bien qu’il soit à noter que le risque augmente avec l’âge. Pour des raisons encore peu connues, les hommes sont plus touchés par cette maladie que les femmes. Enfin, le risque pour une personne de contracter la maladie de Parkinson est accru lorsque l’un des parents en a lui-même été atteint. Mais les recherches effectuées jusqu’ici suggèrent que la contribution génétique serait surtout importante chez ceux qui développent la maladie lorsqu’ils sont jeunes.

Quels sont ses symptômes ?

La maladie de Parkinson débute 5 à 10 ans avant l’apparition des premiers symptômes cliniques, lorsqu’environ la moitié des neurones dopaminergiques a disparu. Le diagnostic peut être facile du fait de la présence d’au moins 2 des 3 symptômes suivants : bradykinésie (la lenteur des mouvements), un tremblement unilatéral au repos de la main et / ou du pied et une hypertonie (une raideur). Il est tout de même à noter que, malgré l’idée reçue, la moitié des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne tremble pas. Ce symptôme n’est donc pas plus révélateur de la maladie que les deux autres.
L’akinésie est le seul symptôme nécessaire pour le diagnostic.

Les symptômes primaires

L’akinésie :

c’est un trouble qui se caractérise par une diminution du nombre de mouvements spontanés du corps jusqu’à leur disparition. Il est dû à une lésion du système extrapyramidal. Dans certains cas, il s’accompagne de bradykinésie, une lenteur des mouvements.

L’hypertonie musculaire :

il s’agit d’une exagération du tonus musculaire, à savoir de l’état de tension normal dans lequel se trouvent les muscles au repos. En effet, chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson, si l’on essaye de lui déplier le bras, celui-ci exercera une force de résistance involontaire continue, on dit qu’il s’agit là d’une hypertonie plastique. Au final, le bras du patient demeurera dans la position que l’on lui aura donnée. Cette hypertonie concerne principalement le rachis et les membres.

Les tremblements :

ce sont les mouvements involontaires, en ce sens qu’ils sont considérés comme anormaux. De manière générale, on constate qu’il y a de 4 à 7 cycles de tremblements par seconde. Ce sont essentiellement les mains qui sont touchées par ces oscillations rythmiques, ce qu’on appelle aussi mouvement « d’émiettement de pain », particulier à la maladie de Parkinson. Il est à noter que ces tremblements persistent même lorsque la personne atteinte est immobile, on dit d’ailleurs d’eux que ce sont « des tremblements de repos ».

Les symptômes secondaires

Aux trois symptômes primaires, on associe souvent d’autres symptômes dits secondaires qui peuvent contribuer à confirmer le diagnostic. Ainsi, en fonction des cas, on peut retrouver chez le patient des troubles de la marche, appelée aussi « démarche parkinsonienne ». Celle-ci est caractérisée par des petits pas, des pieds qui traînent, un dos voûté, des bras immobiles lors de la marche et l’apparition courante de crampes.
D’autres symptômes ont été constatés chez les personnes qui s’avèrent être atteintes de la maladie de Parkinson. C’est l’anosmie, à savoir des troubles de l’odorat, des troubles du sommeil paradoxal, et des troubles du comportement.

Comment se fait le diagnostic ?

S’il y a un doute quant à la survenue de cette maladie, il est fortement conseillé de consulter un spécialiste en neurologie. Celui-ci réalisera son diagnostic qui, lui, est proprement clinique. En effet, il repose sur l’examen des symptômes que présente le patient en plus d’une prospection de son état général. Ceci tient du fait que la biologie ne présente aucune anomalie, de même que le scanner ou encore l’IRM qui, eux aussi, ne peuvent indiquer des signes de la maladie. Néanmoins, des techniques sophistiquées d’imagerie médicale peuvent aider le spécialiste à confirmer ou non le diagnostic.

La dépression en cause ?

Il est aujourd’hui de fait commun que la dépression survient souvent chez les personnes atteintes de Parkinson. Ce qui a poussé des chercheurs à se questionner sur le rapport de causalité entre eux. Bien qu’étant jusqu’ici considérée comme un symptôme, il se pourrait toutefois que la dépression soit en réalité un facteur prédisposant à la maladie de Parkinson (ceci est encore à démonter et n’est aujourd’hui qu’une hypothèse).

Comment évolue-t-elle ?

Aussi bien la symptomatologie que l’évolution de la maladie peuvent varier d’une personne à une autre puisqu’elles dépendent de plusieurs facteurs. Ainsi, un malade peut voir passer plusieurs années avant de ressentir des difficultés à parler ou ne jamais atteindre ce stade.

L’avis du spécialiste Sondos Baccar gériatre à l’hôpital Mahmoud El Matri, membre de l’association Alzheimer

Aux premiers temps de l’apparition de la maladie de Parkinson, les symptômes risquent d’être confondus avec ceux du vieillissement normal de la personne mais au fur et à mesure qu’ils s’aggravent, le diagnostic devient plus évident. Néanmoins, au moment où les premiers symptômes se manifestent, on pense que 60 à 80 % des cellules nerveuses de la substance noire seraient déjà détruites. Ainsi, lorsque les symptômes apparaissent, la maladie a déjà en moyenne 5 à 10 ans d’évolution silencieuse. Dans de rares cas, la présence d’autres troubles peut venir aider au diagnostic ; on parle alors de fatigabilité ou de douleurs musculaires ou encore de fourmillements, de dépression, de maladresse, d’expression faciale figée, de troubles de l’articulation de la parole avec une voix monocorde. D’autres signes, au contraire, peuvent rendre le diagnostic plus délicat, en ce sens qu’ils peuvent se confondre facilement avec les signes normaux de la vieillesse, citons les troubles digestifs, l’incontinence, les troubles du sommeil, les troubles de vigilance ou encore les pertes de mémoire (celles-ci sont néanmoins généralement assez tardives et touchent 20 à 30 % des personnes âgées.
En fait, les signes précurseurs de la maladie de Parkinson sont tellement variés, qu’il y a une phrase connue chez les médecins qui dit « il y a autant de maladies de Parkinson qu’il y a de malades ».
Nous disposons tout de même de méthodes efficaces pour la détection de cette maladie. Il s’agit de la combinaison de certains signes qui, s’ils sont présents chez la personne, c’est qu’il y a une forte probabilité d’un diagnostic parkinsonien. C’est le cas de la bradykinésie lorsqu’elle est associée à un de ces symptômes, à savoir, une rigidité musculaire, une instabilité posturale inexpliquée ou encore un tremblement de repos (il faut savoir que celui-ci cesse généralement lorsque le membre est en mouvement).
Ce qui est certain, c’est que la maladie de Parkinson peut venir compliquer l’état de la personne âgée. Ainsi, pour les problèmes de constipation, ou plus généralement les troubles digestifs, ou encore d’incontinence urinaire, il s’agira pour le médecin en charge de traiter les deux causes à ces mêmes troubles. C’est-à-dire de l’origine physiologique liée à l’âge et de celle qui est due à la maladie. Chez les personnes atteintes de Parkinson, on constate aussi ce qu’on appelle la marche parkinsonienne. Celle-ci représente une grande entrave au bien-être de la personne âgée puisqu’elle risque d’avoir de toute manière des difficultés avec la marche et de grands risques de chute. La maladie de Parkinson vient augmenter ces risques d’autant plus que du fait de la marche parkinsonienne, la personne rencontre un problème avec le demi-tour ou l’évitement d’un obstacle, ce qui l’expose aux conséquences des chutes. Pour cela, il faut très tôt penser à la rééducation encadrée, cela limitera la progression des troubles de la marche.

Les parkinsoniens célèbres :

  • Le boxeur Mohamed Ali (Cassius Clay) atteint à l’âge de 42 ans.
  • L’humoriste Sylvie Joly.
  • L’acteur Michael J. Fox (Retour vers le futur) diagnostiqué à l’âge de 29 ans.
  • Le peintre Salvador Dali.

James Parkinson, né le 11 avril 1755 à Londres et mort le 21 décembre 1824 dans la même ville était un médecin, géologue, paléontologue et militant politique britannique.