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Le travail ça conserve !

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Le travail ça conserve !

On a tous entendu parler des grands-mères qui faisaient des confitures maison et qui tricotent des chandails pour toute la famille…dans les livres. Nos grands-mères aujourd’hui travaillent encore, jouent au bridge et dirigent des œuvres caritatives. L’âge de la retraite n’existe plus vraiment. Les seniors ne mettent plus un terme à leur activité professionnelle passée la barre fatidique des 60 ans, ils veulent continuer à être dynamiques et productifs.

par Sonia Bahi-Fellah

L’espérance de vie s’est beaucoup allongée ces dernières années et la retraite est devenue bien trop longue. Même si certains travaillent pour des raisons financières, beaucoup le font surtout par choix, par besoin de reconnaissance sociale ou simplement par goût pour l’activité professionnelle.

Témoignage de seniors qui ont choisi de continuer à travaillerSelma, professeur de français, 78 ans

Quand l’âge de la retraite est arrivé, je n’ai pas envisagé une seconde de m’arrêter. J’ai enseigné dans des écoles privées pendant des années. Quand on ne m’a plus renouvelé mon contrat, j’ai donné des cours à domicile. Malheureusement, je ne peux plus le faire. Je suis hypertendue et diabétique, il ne me faut plus avoir de stress. Enseigner me manque. Je n’ai pas d’enfants, mes élèves étaient un peu ma famille. Je me sens inutile».

Il arrive qu’on n’ait pas le choix et que le travail soit une nécessité absolue pour des raisons financières comme c’est le cas pour Alia, 67 ans, couturière.

«Mon mari est mort et je n’ai pas d’enfants. Tout ce que j’ai, c’est cette maison qu’il m’a laissée et une maigre pension. Je couds, je fais des retouches pour mettre un peu d’argent de côté pour les vieux jours. Je sais qu’à un moment, cela va devenir impossible de continuer parce que ma vue sera devenue trop faible, mais tant que je peux, je continue».

Souvent, les seniors qui ont décidé de continuer à travailler après l’âge légal de la retraite choisissent tout de même de lever le pied. Ils se dirigent vers une activité moins contraignante ou travaillent à temps partiel. Certains se mettent à leur compte ou proposent leurs services en tant que consultants. L’expérience des seniors est un réel apport pour les entreprises.

Mohamed, 72 ans, chef d’entreprise

«Cette entreprise, je l’ai crée de toutes pièces, j’ai fait tous les postes et participé à toutes les tâches, alors même si mes trois fils sont aujourd’hui mes associés, je ne compte pas prendre ma retraite. Je l’ai vue grandir comme on voit grandir un enfant, il y a eu des moments difficiles mais on a tout surmonté. C’est un grand morceau de moi, je crois que je serais vide sans elle. Si un jour je me sentais fatigué, ou si ma santé déclinait, je déciderais peut-être de réduire mes heures d’activité mais là, je suis en pleine forme ».

Les aînés, loin de prendre la place de jeunes leur apportent leur savoir et leur expérience. Ils partagent leur savoir-faire avec plaisir et fierté. Travail à temps partiel, consulting ou direction d’entreprise, nos seniors tiennent à rester actifs pour notre plus grande joie.

Mounir, 70 ans, comptable

«Je m’occupe de la comptabilité de l’agence de voyage de mon neveu. J’y vais un après-midi ou une matinée par semaine, ou plus souvent si le besoin s’en fait ressentir. Il a besoin de quelqu’un en qui il a totalement confiance et j’ai besoin d’avoir un emploi du temps malléable avec beaucoup de temps libre, chacun de nous trouve son compte ».

Jamel, maraîcher, 76 ans

«Toute ma vie, j’ai cultivé des légumes. J’ai commencé avec une simple charrette pour les transporter sur les marchés. Aujourd’hui, j’ai une camionnette mais je n’arrive plus à travailler. Mes muscles sont noués et mes articulations sont rouillées par l’arthrite mais je continue à superviser mes fils ».

Moncef, 69 ans, ébéniste

«Je fais des meubles depuis que j’ai 14 ans. J’ai commencé avec mon père. Dans un morceau de bois, j’arrive à voir une commode ou un lit à baldaquins. Avec mes mains, je réalise les images que je vois dans mon imagination. C’est un bonheur à chaque fois de finir une pièce. Je ne me vois pas arrêter. Qu’est-ce que je ferais de mon temps ? C’est la seule chose que j’adore faire. Aller passer des heures au café du coin ne me tente absolument pas. Et puis, je prends des apprentis, je forme des jeunes, je passe le flambeau. C’est quelque chose de très important pour moi».

Passer de l’état d’actif à celui d’inactif fait peur à beaucoup, c’est comme renoncer à une partie de leur personnalité. Le travail, c’est une grande partie de leur vie. Le facteur qui pourrait jouer en leur défaveur est la détérioration de l’état de santé.