syndrome des loges

L’avis du spécialiste Dr Chokri Ammar : Le syndrome des loges

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Le syndrome des loges est une affection qui est caractérisée par un exercice d’une pression intense lors d’un effort soutenu et d’une tension élevée au niveau d’un compartiment musculaire touché. Cette maladie très peu connue peut se manifester à la suite d’une fracture ou d’une lésion musculaire.

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Ce syndrome est particulier et touche généralement les grands athlètes, les sportifs de haut niveau et les marathoniens. Quels sont les signes de cette affection hypertensive ? Quels sont les marqueurs de risque pour ce syndrome typique d’un effort musculaire brutal ? Quelle est la prise en charge de ce syndrome ? Et quelle prévention pour cette hypertension tissulaire ?

La détermination du syndrome des loges

Le syndrome des loges est une affection qui présente une urgence médicale pour éviter des séquelles graves au patient qui est touché par une hyperpression dans une loge musculaire du membre supérieur, soit de l’avant bras ou au niveau du membre inférieur (cuisse, jambe, pied). Souvent le syndrome des loges affecte le mollet et les muscles de l’avant bras. Ce « traumatisme » peut survenir également au niveau des mains et de l’épaule.

Les symptômes du syndrome des loges

Le syndrome des loges se reflète par une apparition d’une douleur intense au niveau de la zone musculaire touché par une forte pression mécanique, physique ou chimique. Le patient présente une hypersensibilité sensorielle, il peut y avoir une inflammation du muscle trop sollicité ou de la blessure musculaire ou le développement d’un œdème. Il se produit également des fourmillements et une rigidité accrue dans l’exercice d’un geste ou d’un mouvement par le membre touché.

Les origines du syndrome des loges

Les origines du syndrome traumatique sont très variées. En effet, cette pathologie de compartiment musculaire peut être en rapport avec une fracture, une mise en place d’un plâtre, une lésion musculaire, une contusion plantaire, une atteinte ligamentaire ou aponévrotique.

Les facteurs de risque du syndrome des loges

Une sollicitation accrue et répétitif de muscles, un mouvement brutal, une chute, une forte compression des muscles, un accident routier peuvent engendrer le syndrome des loges.

Le diagnostic du syndrome des loges

L’examen clinique est posé selon la cause de l’évènement traumatique. Le médecin utilise la palpation, la manométrie et une imagerie radiologique. Parfois des examens complémentaires sont préconisés comme l’échographie, la tomodensitométrie et la tomographie par résonnance magnétique pour préciser le degré de l’atteinte et décider des moyens de prise en charge.

Les complications du syndrome des loges

Avec les lésions du muscle, il peut y avoir des troubles vasculaires et des névrites. La prise en charge immédiate du patient permet de pallier à un œdème, une extravasation sanguine, une dégénérescence ou une nécrose tissulaire. Parmi les complications de cette affection, c’est l’amputation du membre touché (bras, jambe, pied) ou la perte fonctionnelle de l’usage du membre et donc la paralysie, le répit et l’inertie de l’extrémité des membres locomoteurs (doigts, orteils), la perte de l’innervation des nerfs musculo-cutanés.

La prise en charge du syndrome des loges

Le traitement du syndrome des loges est établi selon les cas et doit être préconisé en urgence. Il se fait selon le site ou le compartiment tissulaire lésé. Les douleurs nécessitent un traitement analgésique par des antalgiques. Dans des cas, une intervention chirurgicale est nécessaire, il s’agit d’une aponévrotomie. Lors d’une atteinte des muscles et des nerfs, une rééducation intensive par une kinésithérapie permet de réparer l’endommagement compartimental.

Les mesures de prévention du syndrome des loges

Il y a des conseils de prévention pour les sportifs et les athlètes comme l’échauffement pendant une dizaine à une quinzaine de minutes avant l’exercice sportif, l’entraînement à un rythme raisonnable. Pour tout un chacun, les précautions résident dans l’évitement de la position assise ou debout pendant une durée prolongée, de port de charges lourdes et de porter des chaussures serrés. Quant à l’exercice physique, il est à préconiser la pratique d’un sport non violent et ne demandant pas une sursollicitation des muscles.
 
 

Avis de spécialiste – Dr Chokri Ammar (Spécialiste en Orthopédie)

1) Comment déterminer le syndrome des loges ?

Le syndrome des loges est une maladie sévère qui se caractérise par une augmentation de la pression qui survient au sein d’un compartiment ou loge musculaire. Les loges sont les ensembles de tissus musculaires, vaisseaux sanguins, et nerfs des bras et des jambes. Chaque loge est entourée et soutenue par du tissu épais appelé aponévrose. Il se produit une apparition d’oedèmes au niveau de loges musculaires. Un syndrome de loges peut se développer à la suite d’une fracture, d’une lésion musculaire, d’un hématome au niveau des muscles, d’un port d’un plâtre ou à la suite d’une électrocution.

2) Quels sont les signes du syndrome des loges ?

Le syndrome des loges entraîne des douleurs, une apparition de phlyctènes, une inflammation musculaire, une sensation de pression au niveau des muscles, et une diminution du pouls capillaire. Des lésions vasculaires et nerveuses surviennent dans des cas sévères. Une ischémie musculaire peut se produire suite au déficit de la vascularisation sanguine.

3) Comment se fait le diagnostic du syndrome des loges ?

L’examen clinique se fait en évaluant le pouls capillaire au niveau des loges musculaires qui va baisser, une paresthésie et la pression intramusculaire va être supérieure à la pression systolique.

4) Quelles sont les modalités de la prise en charge du syndrome des loges ?

L’acte de chirurgie est nécessaire. Il s’agit d’ouvrir le creux de la loge musculaire et traiter le patient. Par ailleurs, dans le cas d’un plâtre, il faut enlever le plâtre et pratiquer une opération interventionnelle afin de traiter la vascularisation du compartiment musculaire. Par ailleurs, pour apaiser les douleurs, on prescrit des anti-inflammatoires.

5) Quelles mesures de prévention pour le syndrome des loges ?

Il est essentiel de pratiquer un échauffement des muscles qui permet d’aider de réduire les risques de lésions, ne pas exercer des tâches qui amplifient les algies musculaires, être prudent dans le cas d’un étirement musculaire, ce qui contribue à baisser le pouls capillaire et éviter une élévation de la tension artérielle au niveau de la loge musculaire. Par ailleurs, il faut noter que dans le cas d’une électrocution modérée ou un processus inflammatoire, on ne peut pas prévenir le syndrome des loges d’une manière automatique. L’examen clinique et la prise en charge précoces permettent d’éviter des complications pour les patients. Dans le cas du port d’une orthèse, d’une attelle ou d’un plâtre et la sensation d’une algie, il faut consulter immédiatement un médecin spécialiste.