syndrome de la queue de cheval

Syndrome de la queue de cheval

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Le syndrome de la queue de cheval n’a rien d’anodin. Il peut en revanche durablement handicaper les malades, même après l’opération chirurgicale. D’où l’importance de déceler les signes ce syndrome le plus tôt possible et de le traiter en urgence. Quels sont les symptômes de ce syndrome ? Quels facteurs de risque pour cette maladie ? Et comment traiter les patients à bon escient ?

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La détermination du syndrome de la queue de cheval

Le syndrome de la queue de cheval est une pathologie très singulière située au bas du dos, au niveau de la colonne vertébrale. Celle-ci se termine par les vertèbres lombaires, de L1 à L5 de haut en bas, qui se prolongent ensuite avec le sacrum. Le syndrome de la queue de cheval survient avec des problèmes qui apparaissent en dessous de la deuxième vertèbre lombaire résultant de la compression des nerfs au niveau de l’innervation lombaire.

Les symptômes du syndrome de la queue de cheval

Le syndrome de la queue de cheval survient avec des douleurs au niveau de la région lombaire du dos, suite par exemple à un tassement de vertèbres. Il est à noter que ce syndrome peut survenir chez tous les adultes, homme ou femme, à n’importe quel âge.

Les causes du syndrome de la queue de cheval

Cette pathologie correspond à une compression des nerfs au niveau des vertèbres lombaires. Sous la moelle, se trouve un paquet de racines nerveuses qu’on appelle la « queue de cheval ». Ces nerfs, qui ressortent au niveau des dernières vertèbres lombaires ou du sacrum, permettent de contrôler les organes situés dans le bassin et les membres inférieurs. Quand ils sont comprimés, on parle de syndrome de la queue de cheval. La cause la plus fréquente est la hernie discale, c’est-à-dire un disque entre deux vertèbres qui appuie sur les racines nerveuses. Cependant, il peut aussi s’agir d’une tumeur qui, en grossissant, fait pression sur les nerfs de la colonne vertébrale dorsale et les comprime.

La prise en charge du syndrome de la queue de cheval

Dans tous les cas, une seule solution existe, c’est évidemment l’opération chirurgicale. L’urgence est importante dans l’intervention neurochirurgicale. Tout se joue quasiment dans les vingt-quatre à quarante huit heures après l’apparition des symptômes. Dès que le diagnostic est clairement établi, par IRM, par exemple, il faut opérer vite, car ce syndrome peut entraîner des séquelles irréversibles. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux patients gardent quand même des problèmes après l’opération. La perte de sensibilité des organes génitaux et des membres inférieurs peut mettre des mois à s’atténuer, et des fois, certaines sensations ne reviennent jamais. Par ailleurs, la prise en charge de la douleur dans cette affection lombaire est très importante. En effet, souvent un centre de la douleur propose une prise en charge pluridisciplinaire à base de médicaments, de moyens physiques (un massage, une application de chaud ou de froid,…), une kinésithérapie sans oublier l’importance dans certains cas d’un soutien psychologique pour cette maladie parfois invalidante.

Témoignages

Nihel B., 50 ans, Sousse

Mon médecin de famille m’a détecté un syndrome de la queue de cheval, avec un lipome à la base du dos. Je dois voir un neurochirurgien dans quelques jours pour me donner la date de mon opération. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. J’ai lu que l’opération pouvait durer 8 heures.

Sahar F., 48 ans, Zaghouan

En janvier 2017, j’ai consulté un Rhumatologue qui m’a demandé un scanner ensuite une IRM qui a pour conclusion la suivante : L ‘aspect IRM d’un processus tumoral intracanalaire en regard de L4 à extension foraminale gauche L4-L5 avec compression du fourreau dural évoquant un neurinome de la racine L5 gauche ensuite mon médecin traitant m’a orienté directement vers un neurochirurgien tout en m’infirmant que j’aurais des conséquences après l’intervention que je dois faire en urgence : soit je boite en marchant, soit j’aurais plus la faculté d’appuyer soit sur le talon ou bien la pointe des pieds et ce se qui m’a confirmé le neurochirurgiens aussi en me précisant que la tumeur est volumineuse ce qui l’oblige à me faire deux opérations chirurgicales une de l’avant et l’autre du dos. En fait, j’ai subi mes deux interventions. La première opération a consisté ainsi l’exérèse de la tumeur et la seconde a permis de corriger la compression lombaire. Mon hospitalisation a duré trois semaines. Après deux mois de rééducation, j’ai repris mes activités. Actuellement, je mène une vie presque normale sans douleurs, je ne boîte pas, les séquelles secondaires de mes deux interventions chirurgicales ont été moins de sensibilité pour la jambe gauche et des vertiges occasionnels.

Ikbel C., 55 ans, Kélibia

Je fûs très impressionné par mon opération chirurgicale pour le syndrome de queue de cheval dans une clinique à Nabeul. J’ai constaté au cours de mon séjour à cette clinique et lors de cette épreuve de santé que les chirurgiens sont vraiment des êtres d’une classe à part.

 
 

Avis de spécialiste – Dr Chakib Khemiri (Spécialiste en chirurgie orthopédique et chirurgie du rachis- Diplôme de la faculté de Médecine de Paris & Ancien assistant a la faculté de médecine de Tunis)

1) Comment définir le syndrome de la queue de cheval ?

On appelle syndrome de la queue de cheval la souffrance des dernières racines rachidiennes (L2-L5) et des racines sacrées formant la queue de cheval en dessous du cône terminal de la moelle .il constitue donc un syndrome neurogène pluri radiculaire du périnée et des membres inférieurs. Le diagnostic et le traitement sont très urgents sous peine de séquelle fonctionnelle grave.

2) Comment déceler les signes du syndrome de la queue de cheval ?

Le diagnostic du syndrome de la queue de cheval doit être évoqué devant l’association de :
A/douleurs radiculaires et lombaires
B/déficit sensitif moteur et pluri radiculaire
C/ troubles sphinctériens

A / Les douleurs

La douleur est souvent unilatérale mais de type radiculaire suivant un trajet métamérique au membre inférieur, à type de tiraillement ou de paresthésies. Elle est localisée
-Face antéro-externe de la cuisse, face antéro-interne de la jambe (L4 : cruralgies
– Face postérieure de la cuisse , face antero-externe de la jambe, dos du pied jusqu’au gros orteil ( L5 sciatique)
– Face postérieure de la cuisse et jambe, bord externe du pied jusqu’au petit orteil ( S1 sciatique)
À cette névralgie peut s’associer des lombalgies qui par leur caractère nocturne ou inflammatoire peut attirer l’attention.

B/ Les déficits neurologiques :

*/Moteurs
Le déficit moteur peut se résumer à une impossibilité à marcher sur les pointes (atteinte de la racine S1) ou sur les talons (L5) ou à une impossibilité d’étendre la jambe sur la cuisse (L4), à l’extrême, l’atteinte peut aboutir à une paraplégie flasque ave amyotrophie.
*/ Sensitifs :
Hypoesthésie ou anesthésie en selle intéressant le périnée et les organes génitaux externe à rechercher systématiquement devant toute douleur ou paresthésie radiculaire uni ou bilatérale au membre inférieur.
Les réflexes ostéo tendineux sont abolis et le reflexe cutané plantaire est en flexion.
*/ Troubles sphinctériens
Ils apparaissent précocement et sont de type
1. Urinaires : incontinence, perte de besoin et de la sensation d’uriner
2. Génitaux : impuissance
3. Anaux : constipation puis incontinence

3) Quelles sont les causes d’une atteinte par un syndrome de que de cheval ?

Les étiologies des compressions médullaires non traumatiques sont :

• Hernie discale :
C’est la cause la plus fréquente de syndrome de la queue de cheval
La séquence classique : lombalgies aigue-sciatique-atteinte pluri radiculaire et sphinctérienne
Devant toute sciatique, le diagnostic doit être évoqué e recherché à l’interrogatoire et à l’examen clinique
• Compression d’origine épidurale et/ou osseuse
Métastases épidurales-extension de localisations vertébrales adjacentes, le plus souvent, ce sont des maladies comme le cancer, l’hémopathie maligne, le lymphome…
• Causes infectieuses
Spondylodiscite à pyogène, à tuberculose, brucellose rachidienne ( avec notion de consommation de produits laitiers crus).
• Les pathologies dégénératives lombaires
Le canal lombaire étroit : peut être congénital ou acquis sur hernies sou protrusion discale étagés et arthrose lombaire peut donner à l’extrême et en l’absence de traitement à un syndrome de la queue de cheval chronique.il ne faut pas attendre les signes sphinctériens pour intervenir.

4) Comment se fait le diagnostic de cette pathologie ?

L’IRM est l’examen de choix pour visualiser la compression de la queue de cheval. Le myéloscanner est utilisé quant l’IRM n’est pas possible à effectuer (disponibilité, contre indication comme un stimulateur cardiaque).

5) Quelles sont les différents modalités de prise en charge de ce syndrome ?

Le syndrome de la queue de cheval est une extrême urgence médicochirurgicale. Si une compression existe, elle doit être levée.la corticothérapie doit être débutée dés que possible en l’absence de signes infectieux évidents. La laminectomie avec décompression médullaire et radiculaire doit être réalisée en urgence, une stabilisation vertébrale par des vis et des tiges doit être associée en cas de menace d’instabilité rachidienne ou de fragilité osseuse des vertèbres. En cas d’une tumeur maligne d’origine osseuse : la radiothérapie associée à la corticothérapie doit être indiquée chez un patient inopérable soit après chirurgie. Les tumeurs intra-durales et les hernies sont à opérer.

6) Quelle est l’évolution du syndrome de la queue de cheval ?

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence médicochirurgicale. L’évolution d’un patient atteint de syndrome de la queue de cheval dépend du délai et de la qualité de prise en charge, et de l’étiologie de la compression médullaire. La récupération complète des déficits neurologiques et la disparition des douleurs est possible si la compression est levée rapidement et efficacement (dans les 6 heurs qui suivent l’apparition des signes déficitaires). La rééducation motrice et sphinctérienne est entamée en post opératoire. Dans 30% des cas de syndrome de la queue de cheval aigus, les patients gardent des séquelles invalidantes (fonction sphinctérienne et sexuelle, parfois déficits radiculaires) malgré chirurgie en urgence. Le risque de séquelles définitives augmente avec le retard diagnostique et thérapeutique.

7) Quelles sont les conseils à préconiser pour les patients atteints d’un syndrome de la queue de cheval ?

Eviter l’automédication en cas de douleur lombaire ou radiculaire et consulter un médecin dans les plus brefs délais afin de diagnostiquer et traiter à temps une compression médullaire.