demission

Témoignage : Démission ras le bol

Publié le

Aujourd’hui c’est décidé ! Je n’en peux plus, je démissionne ! J’y pense depuis un moment, ça fait plus de cinq ans que je suis dans cette entreprise, cinq ans de dure labeur et tellement d’ingratitude pourtant.

L’ingratitude de mon employeur justement, il n’avait confiance qu’en moi, me filait toutes ses tâches à faire, ne prenait ses décisions qu’en demandant mon avis, et préserverait à me donner pourtant le même salaire depuis une éternité ; une éternité à travailler jusqu’à pas d’heure, faire des heures « supp’ » non payées, travailler le chômé, le non payé, les jours fériés, les fêtes religieuses, les baptêmes, les naissances, les mariages !!! Tous les jours, tout le temps.
 

J’adorais mon boulot, je travaillais corps et âme pour une firme qui ne m’appartenait pourtant pas, j’avais les plus gros clients. On me donnait à gérer les plus indécis et les plus chiants. Je vivais pour travailler. Je ne m’absentais jamais. Je ne disais jamais non. J’adorais mon travail. Je n’avais pas de vie. Ma vie n’avais plus de sens et je ne m’en rendais même pas compte, j’avais mon loyer à payer, mes habits à acheter, mes courses pour manger, et des collègues agréables avec qui ça marchait.
Jusqu’au jour ou au réveil, mon corps inerte a du appeler le boulot pour une journée de repos, à ma plus grande surprise, la journée m’a été refusée.
 

Déclic ! Furax, je me décide : j’envoie la lettre la plus longue et la plus triste de mon existence pour demander à partir, oui. Je démissionne.

 

Ça n’avait l’air de ne gêner personne, j’étais enfin partie.
 

La vie était franchement si belle sans travail, jusqu’au jour où l’on a plus d’économies pour survivre.
 

Cv envoyé, entretiens passés avec brio, aucune envie de prendre le poste, ai-je le choix ?
J’ai mis mes conditions dès le début pour ne pas suffoquer et avoir de bonnes conditions, saines de travail, mon employeur m’avait l’air très attentif et compréhensif, c’était parti pour un bon départ.
J’y suis tous les jours à la première heure comme demandé, à faire mon travail comme à mon habitude, avec toute la bonne volonté, l’investissement et le sérieux du monde, j’ai fêté mes deux ans aujourd’hui dans la boite, j’ai pris dix minutes de retard pour ramener les croissants et le café pour tout le monde, on était devenue une vraie famille.
A mon arrivée, mon employeur m’a appelé et m’a blâmé pour mes dix minutes de retard m’obligeant ainsi à rester plus tard la journée même.
 

Je suis loin de faire un caprice, mais demain, sérieux je démissionne.